GRISELIN Perrine

GRISELIN Perrine

 

 

invitée « Les Plaisirs et les jours » 2019
atelier d’écriture et
rencontre lecture

 
 
 
 
« La curiosité est le plus jubilatoire des vilains défauts »
 
 
Formation à l’école Nationale au Centre Dramatique National : La Comédie de St Etienne. Parallèlement à son métier de comédienne, qu’elle exercera tout au long de sa vie, elle « entre » en écriture en 1990. Elle fonde la Compagnie « La Poudrière », afin d’y mettre en scène ses textes…de « Pleut la mort ! » à « Si le vent le dit »…7 années durant, avant que des metteurs en scènes comme Jean Marc Bourg, Johanny Bert, Jean Michel Coulon, Marie Raynal, Mireille Guerre, Baptiste Etard ou Michel Froelhy, entre autres ne lui passent commandes : « 1+1=3 », « 3 mètres sur 2 », « Post-it » «  L’appétit du pire » « va jouer plus loin ! » et bien d’autres verront alors le jour. La plupart sont éditées chez Color Gang, mais aussi chez Lanzmann, Les cahiers de l’Égaré et les éditions Cosmogones.

En 2005, après plusieurs résidences stimulantes et décisives au centre dramatique national des écritures du spectacle à la chartreuse de Villeneuve lès Avignon, et durant 3 ans elle décide de travailler en voyageant, ses rencontres l’emmèneront écrire dans différents pays d’Europe, jusqu’à ce que la compagnie Kaharaba ne l’invite à Beyrouth 2 années durant, où « Qu’on s’en souvienne mais qu’on ne le répète pas » sera crée en 2010.

À son retour les planches l’accueillent de nouveau en tant que comédienne… Elle ne les quittera plus jamais vraiment : « Va jouer plus loin », « Juste avant l’orage », « Le désespoir non plus » sont autant de rendez-vous avec son écriture pour appréhender elle même, un chemin d’écriture toujours en mutation.

Tout en continuant à écrire pour nombre de compagnies, avec « La Poudrière » elle continue son travail de confrontation avec d’autres auteurs contemporains, tant à travers des lectures dans des théâtres ou chez l’habitant, que sous la forme de concerts littéraires… La confrontation de son écriture à la matière musicale et à l’acte chorégraphique, vient enrichir encore la matière textuelle. Depuis deux saisons, des conférences performatives tournée résolument vers l’art contemporain jouée exclusivement en galeries viennent étayer une confrontation au public et une forme de représentation en perpétuel renouvellement ! Il semble que tout soit encore possible, et neuf, à tous moments !

BIBLIOGRAPHIE PERRINE GRISELIN  

1995 :
Pleut la mort !
Mise en scène Nadine Emin / Espace Poisson d’or Lyon Janvier 1996

1996 :
Trois Minutes, Samedi !
Editions Cosmogone – Mise en scène Perrine Griselin / L’Elysée Lyon Janvier 1997

1997-98 :
Soir Bleu Soir Rose ou la veille du jour qui précédera les lendemains qui chantent et le lendemain
Editions Les Cahiers de l’Egaré – Mise en scène Perrine Griselin / Création Le Revest-les-Eaux Avril 1999 /

1999 :
C’était mon anniversaire ou de l’interférence du jour de sa naissance sur la potentialité d’une recherche historique
Editions Domens – Mise en scène Perrine Griselin / Création Renaissance Oullins Janvier 2001
Tournée : Nîmes saison ATP Mars 2001 / Tournon Avril 2002 / Villeneuve lès Avignon Avril 2002
Lauréate de la fondation Beaumarchais en 1999 + Aide à l’encouragement de la D.M.D.T.S en 2000

2000 :
Tout aux derniers vivants
Résidence d’écriture à Orcet (63) Octobre 99                                          

2001 :
Si le vent le dit…
Commande d’écriture du Théâtre de L’Elysée (Lyon)
Mise en scène Perrine Griselin / Création L’Elysée Lyon Novembre 2001
Madame la Générale. Commande d’écriture du Centre Dramatique Régional de Rouen.
Création le 21 Juin 2002 – Auteure associée au centre dramatique régional de Rouen de 2001 à 2003

2002 :
– 1+1=3 ou de la reconstruction en période de décroissance soutenable
Edition Color Gang – Résidence d’écriture à Orcet (63) Octobre novembre 2002
Mise en scène J.M.Bourg Compagnie Labyrinthes / Création Montpellier Chai du Terral Mars 2003
– Hors Cadre – Commande d’écriture sur le thème de la famille du centre Dramatique Régional de Rouen.
Création juin 2003 au Théâtre des Deux Rives à Rouen.

2003 :
3 mètres sur 2 ou de la révolution comme périmètre d’expériences entre deux chaises
Edition Color Gang – Commande d’écriture du Théâtre Parenthèse à Yzeure (03) / Création Yzeure octobre 2003
Bourse d’écriture du Centre National du Livre

2004 :
Prendre… appel Donner… corps Rendre… l’âme – Edition Color Gang
Résidence d’écriture Chartreuse de Villeneuve lez Avignon (mars 2004)
Mise en scène Jean Michel Coulon Théâtre Parenthèses Moulins (octobre 2005)
La sacristie des chutes / Création par la cie la Poudrière janvier 2006 Théâtre du Quaternaire Nîmes
Mise en scène : Doumée

2005 :   
Post-it ou on est vraiment peu de chose quand même – Edition Color Gang
Commande d’écriture pour marionnettes le Théâtre de Romette au Puy en Velay
Mise en scène Johanny Bert / Création Mars 2005 Clermont Ferrand
Auteure associée au Théâtre De l’éphémère au Mans pour la saison 2005/2006
L’appétit du pire ou Puisque nous sommes voués à vivre en cage autant nous faire croire que nous pouvons changer de fourrures – Edition Color Gang
Commande d’écriture pour la cie « Sous le soleil exactement »
Mise en scène Marie Raynal / Création mars 2006 au Théâtre d’Ô Montpellier
Ouvrir grand les yeux ! Pièce de voyages à volets pour acteurs et marionnettes
Mise en scène Perrine Griselin Eric Deniaud / Création Via Madrid Copenhague Paris
Octobre 2005 Théâtre Bernardines Marseille

2006 :   
– Parle-moi d’amour / Commande d’écriture pour marionnettes pour le Théâtre de Romette au Puy en Velay
Mise en scène Johanny Bert / Création Février 2006 C.D.N de la Comédie de Saint-Etienne
– Ouvrir grand les yeux ! IIPièce de voyages à volets pour acteurs et marionnettes
Mise en scène Perrine Griselin Eric Deniaud / création Via Budapest Lisbonne mars 2006 Théâtre de l’Ephémère le Mans

2007 :   
Va jouer plus loin ! Edition Color Gang
Commande d’écriture du Théâtre d’O à Montpellier
Résidence d’écriture Chartreuse de Villeneuve lès Avignon nov. 2006/ Février 2007
Création janvier 2008 Théâtre d’ô Montpellier
Qu’on s’en souvienne mais qu’on ne le répète pas.
Commande d’écriture de la compagnie Kahraba à Beyrouth (Liban)
Résidence d’écriture à Beyrouth Mai Octobre 2007 Avril 2008 / Création Beyrouth octobre 2008

2008 :   
– La Mangeuse d’oiseaux Edition l’Hiver Nu 
Commande d’écriture de la compagnie « l’hiver nu » à Pantin (93)
Mythologie contemporaine et imaginaire de la Lozère / Création Mende Février 2008
– L’homme-grenouille est-il un crapaud charmant comme les autres ? Edition l’Hiver Nu
Commande d’écriture de la compagnie « l’hiver nu » à Pantin (93)
Mythologie contemporaine et imaginaire de la Lozère / Création Mende Octobre 2008
Et toi qui n’est pas elle Edition l’Hiver Nu
Commande d’écriture de la compagnie « l’hiver nu » à Pantin (93)
Mythologie contemporaine et imaginaire de la Lozère / Création Mende Décembre 2008
– Contes idiots pour les plus grands que prévu Edition Color Gang
Commande pour la Compagnie la Poudrière Nîmes Création Octobre 2010

2009 :
Deus Ex Machina Edition Lanzmann
Commande d’écriture pour Urgence de la jeune parole
Théâtre de la Digue Toulouse éditions Lanzmann 2009
Memento Mori
Commande d’écriture pour le cabaret littéraire Le petit Subito
Création Octobre 2009 Nîmes

2010 :
– La malédiction de la Mandragore
Commande d’écriture du Musée des Beaux Arts à Nîmes sur le thème du polar populaire, en 3 épisodes pour des créations in situ en Janvier Mars et Juin 2010.
1-Le peintre sans visage
2-La marmite aux sorcières
3-Le music-hall hypnotique
– Là où on vit ça change comme on est !
Commande d’écriture du centre social Georges Brassens à Creil (60) en co-écriture avec Catherine Zambon. Mise en scène Philippe Georget Février 2011. La Faïencerie. Creil.
– Les yeux ouverts.
Projet personnel élaboré lors d’une résidence avec l’association « Textes en l’air » à Saint Antoine l’abbaye. (38)
Auteure invitée du festival Textes en l’air à saint Antoine l’abbaye Juillet 2010
– Lieux d’être
Commande d’écriture pour la Compagnie Acte chorégraphe Annick Charlot à Lyon. Ecrire pour la danse et l’utopie des grands ensembles. Création biennale de la danse. Lyon. Septembre 2010.
– Le désespoir non plus !
Commande d’écriture du groupe des 20 en Rhône Alpes sur le thème : Un monde meilleur ? édition Color Gang
– Vu d’ici ou d’ailleurs… Commande d’écriture de la Compagnie Chenevoy. Mise en scène Yves Chenevoy.
Montataire (60)

2012 :
– Bienvenu chez toi Commande d’écriture pour l’événement « Un ange à ma table » Mis en scène par Gilbert Landreau pour la compagnie « voyageur solitaire » à Aix en Provence.
– Les Robots Commande d’écriture pour le collectif Du vent dans l’horloge, pour le film d’animation « Résistance 1.0 » réalisé par William Gosselin. Sortie en Festival Décembre 2012.
– Juste avant l’orage Projet performance en co-écriture avec Sylvain Levey pour 5 résidences à travers la France. Le Viala, Rennes Theâtre du Cercle, Paris Anis Gras Le lieu de l’autre, Nîmes Théâtre du Périscope, Vers Pont du Gard espace rive Gauche.

2013 :
– Boïagi commande d’écriture pour une performance chorégraphique avec le collectif Georges Lakdar. Pour des résidences en France et à l’étranger. Avec le soutien du CDC Paris réseau Micadanses, la mairie du 11eme, le festival international Fringe 2013 à Matadero Madrid.
– Oui mais non commande d’écriture pour la chorégraphe Fanny Bonneau et le collectif Mâ. Coproduction « Entrez dans la danse 2013 » Paris
– Germaine aimait beaucoup ! Ou Eloge du déséquilibre dans la notion d’évolution.
Commande d’écriture par la compagnie Le Fanal à Lyon. Création Octobre 2013 Festival Sens interdit Lyon

2014 :
– Le désespoir non plus performance lecture musicale avec Audrey Podrini et Claude Saut. Images Perrine Griselin et William Gosselin. Création du texte dans le cadre du printemps des poètes à l’auditorium de Carré d’Art à Nîmes le 15 mars 2013. En Tournée en 2014/2015
– Mes voisins Dialoguiste sur le court Métrage d’animation en stop motion avec l’association « Du vent dans l’horloge » Réalisation Audrey Podrini.
24 heures en vie 24 heures en ville Commande d’écriture et dramaturgique de la compagnie acte Annick Charlot à Lyon en résidence et en partenariat avec Maison de la danse Lyon 8ème.

2015 :
– Retour sur investissement Bourse d’écriture de la région Languedoc-Roussillon. Création « La Poudrière » Novembre 2016
– Tu, on, nous ? Commande d’écriture de la compagnie L’Heure du Loup. Création Novembre 2017

2016 :
– Faites-moi taire ! Cycle de 4 conférences performatives à la Galerie « Le Cric » Nîmes
– Journal d’un seul jour ! Commande d’écriture de la Compagnie Acte à Lyon. Création Mai 2016

2017 :
– Dans ma dictature Idéale. Cycle de 5 conférences performatives à la Galerie « Le Cric » Nîmes

2018 :
– Honoré Lupin. Cycle de 3 conférences performatives à l’Atelier 41. Nîmes

2019 :
– Rendez-vous avec Honoré. Cycle de 4 conférences au Théâtre du Périscope à Nîmes
Traduction de « Le désespoir non plus » en Anglais Par Gilles Aufray

Parutions

1997 : Trois minutes samedi ! Editions Cosmogone Lyon
1999 : Soir Bleu Soir Rose ou le veille du jour qui précèdera les lendemains qui chantent et le lendemain.
Editions Les cahiers de l’Egaré. Le Revest les eaux
2000 : C’était mon anniversaire ! ou De l’interférence du jour de sa naissance sur la potentialité d’une recherche historique. Editions Domens Pézènas
2002 : Le bocal Nîmois. Editions Gare au théâtre.Vitry.
2003 : 1+1=3 ou de la reconstruction en période de décroissance soutenable – Editions Color Gang. Givors
3 mètres sur 2 ou de la révolution comme périmètre d’expérience entre deux chaises – Edition Color Gang Givors
2004 : Post-it ou on est vraiment peu de chose. Edition Color Gang Givors
2005 : Prendre…appel, Donner…corps, Rendre…l’âme. Edition Color Gang Givors
2006 : L’appétit du pire ou Puisque nous sommes voués à vivre en cage autant nous faire croire que nous pouvons changer de fourrure. Edition Color Gang Givors
2007 : Va jouer plus loin ! Edition Color Gang Givors 
2008 : J’ai marché sous les pierres Edition l’Hiver Nu Mende
2009 : Deus Ex Machina Edition Lansman Carnières-Morlanwelz
2010 : Contes idiots pour les plus grands que prévus. Edition Color Gang Givors (Janvier 2010)
2012 : Le désespoir non plus Edition Color Gang Givors (Janvier 2012)
2018 : Retour sur investissement Edition Color Gang.
Tu, on, nous ! Edition Color Gang.

 

SANCHEZ ROJAS Patricio

SANCHEZ ROJAS Patricio

 

invité A l’ombre des arbres 2018
poète, traducteur

 
 
 
 
 
 
 
Patricio Sanchez Rojas est poète, enseignant, traducteur et animateur d’ateliers d’écriture.

Né au Chili, il passe son enfance à Talca et à Valdivia. En 1977, sa famille est expulsée du pays et s’installe à Paris. Il travaille à l’Institut Claparède de Neuilly et dit ses poèmes au Centre Pompidou. Il poursuit ses études hispaniques à Montpellier et à Madrid.

Naturalisé français en 1993, il séjourne quelques années aux États-Unis. À son retour, il enseigne l’espagnol en collège, au lycée et dans les universités de Nîmes, Avignon et Montpellier.

Ses poèmes figurent dans diverses revues de littérature et anthologies françaises, hispanophones et italiennes. Il a reçu de nombreuses récompenses littéraires au Chili en Espagne et en France.

En 2014, il participe au Festival Voix Vives de Toledo, la même année il rejoint l’équipe des animateurs du Festival Voix Vives de Sète.

Il est membre de la Maison de la poésie Jean Joubert de Montpellier.

Recueils : 
– Les Disparus, La rumeur libre, 2017.
– Terre de feu, Domens, 2013.
– Le Parapluie rouge, Domens, 2011.

Livres d’artistes :
– La Maison, Papiers Coupés, 2018.
– Le Chemin avant le jour, Papiers Coupés, 2018.
– La Mer est ma boussole, Ed. Rivières, 2017.

Anthologies récentes : 
– Passagers d’exil, Editions Bruno Doucey, 2017.
– Carnet des Lierles N° 150, Festival International du Roman Noir, Frontignan, 2017.

 

RENARD Thierry

RENARD Thierry

 

invité A l’ombre des arbres 2018
comédien, poète et animateur de revue

 
 
 
 
 
 
 
Thierry Renard est né le 14 août 1963 à Lyon. Mère d’origine piémontaise, employée. Père lyonnais, ouvrier, décédé en 2008. Il s’est fait remarquer, dès 1978, en Auvergne-Rhône-Alpes – en tant que comédien, poète et animateur de revue. Il a longtemps partagé sa vie entre l’écriture, le théâtre et de très nombreuses autres activités artistiques. Il est aujourd’hui le directeur de l’Espace Pandora à Vénissieux (Rhône), lieu de diffusion et de communication de la poésie, le responsable littéraire des éditions La passe du vent, le directeur de la rédaction de la revue semestrielle RumeurS, actualité des écritures, pour le compte des éditions La rumeur libre et, aussi, le Président de la Semaine de la poésie de Clermont-Ferrand. Sa rencontre avec l’écrivain Charles Juliet, dès 1978, fut pour lui déterminante. Il « fête », en 2018, ses quarante années d’écriture et de publications…

Ouvrages récents (sélection) :

La Chance d’un autre jour, avec Emmanuel Merle, préface de Claude Burgelin, collages de Sonia Viel, Éditions La passe du vent, 2013
Cargo Vénus, illustrations d’Olivier Fischer, de Patrick Rana-Perrier, Julie Perin et Sonia Viel, collection ArtSquare, Jacques André éditeur, 2015
I Travel the World, anthologie personnelle (2006-2015), poèmes traduits en langue anglaise par Antonio D’Alfonso, Ekstatis Editions, 2015
Œuvres poétiques, tome 1, Éditions La rumeur libre, 2016
Cannibale Bambou, collages de Sonia Viel, Éditions Gros textes, 2016
Œuvres poétiques, tome 2, Éditions La rumeur libre, 2018
La Nuit est injuste, préface de Michel Kneubühler, Éditions La rumeur libre, 2018

NATYOT

NATYOT

 

invitée A l’ombre des arbres 2018
Artiste pluridisciplinaire

 
 
 
 
 
 

Artiste pluridisciplinaire, passionnée des mots, de musique et d’art, architecte et chanteuse, performeuse et auteure, Nathalie Yot a un parcours hétéroclite à l’image de son écriture.

Elle est née à Strasbourg et vit à Montpellier. Elle est diplômée de l’école d’architecture mais préfère se consacrer à la musique (auteure, compositeur, interprète signée chez Barclay) puis à l’écriture poétique.

D’abord dans le domaine de l’érotisme, elle publie deux nouvelles Au Diable Vauvert (Prix Hémingway 2009 et 2010) sous le pseudonyme de NATYOT ainsi qu’un premier recueil chez l’Harmattan ( Erotik Mental Food ).

Elle explore ensuite d’autres thèmes, ne laissant de coté ni l’intime, ni la chair car elle dit beaucoup d’elle, fait le tour de son isolement, toujours avec la même intensité. Elle obtient une bourse de la Région LR pour D.I.R.E (Gros Textes mai 2011).

Elle est alors invitée à dire ses textes en France comme à l’étranger (Voix de La Méditerranée, BIPVAL, Expoésie, Déklamons, Voix Vives, Poésie Marseille, Parole Spalancate, Maelstrom Festival…) et représentera la langue française en Chine (Festival villes jumelées / Chengdu) en 2013.

Ces lectures sont des performances, accompagnées de musiciens, danseurs ou encore plasticiens. Elle inclut parfois des vidéos ou dessine en live. Elle a aussi une chaine Youtube où elle dépose régulièrement des pastilles visuelles
https://www.youtube.com/user/natyot/videos

Natyot crée Ma Poétic Party, laboratoire d’expérimentation poétique où se mêlent diverses disciplines artistiques, et dont le but est d’explorer le processus de création, ce qui l’amènera à se tourner vers le théâtre. Un de ses textes (HOTDOG Editions Le Pédalo Ivre) est monté au Théâtre du Périscope à Nîmes en 2015.

Elle anime des ateliers d’écriture dans les écoles et les lycées ainsi que pour les publics empêchés et continue de publier des textes courts (Bois, Putes, Oiseaux 2013 / Comme un des mortels avec Charles Pennequin 2014/ Je n’ai jamais été 2016) qu’elle performe sur diverses scènes.

Elle obtient une nouvelle bourse de la Région LR pour l’écriture de son premier roman, LE NORD DU MONDE.

Avec un dj et aménageur sonore, elle crée un duo d’électro-poésie, NATYOTCASSAN. Un album est en préparation.

Pendant quatre ans, elle fut chargée de mission par la Mairie de Montpellier pour le Printemps des poètes (Festival « Les Anormales » de la poésie).

BIBLIOGRAPHIE

EROTIK MENTAL FOOD (Editions L’harmattan)
D.I.R.E (Editions Gros Textes 2011)
BOIS, PUTES, OISEAUX (Editions Gros Textes 2013)
COMME UN DES MORTELS avec Charles Pennequin (MaelstrÖm Editions 2014)
Je n’ai jamais été mais il est encore temps (Editions Gros Textes 2016)
HOTDOG (Editions du Pédalo Ivre 2016)
JE SUIS D’ACCORD (Editions Plaine Page) juillet 2017

A venir :
LE NORD DU MONDE roman (Editions La Contre Allée)

Ouvrages Collectifs :
ANTHOLOGIE des voix de la Méditerranée (Editions du Clapas 2008)
JOHN DE VAUVERT + JUAN VITA (Editions Au Diable Vauvert 2009/2010)
NOTOPOS Anthologie 2010 Collection Biennale internationale des poètes en Val de Marne
ANTHOLOGIE des Voix Vives Sète (Editions Bruno Doucey 2011 + 2017)
OUSTE N°19 et N°25 (Editions Féroce Marquise/Dernier télégramme 2011/2016)
INVECE N°1 (Editions Al Dante 2013)
ANTHOLOGIE des Voix Vives Tolède (Editions Bruno Doucey 2017)
+ Revues diverses (Teste, La Piscine , GPS, Borborygme, Le Lièvre mort, Hildegarde…)

Contact :
Nathalie Yot : 06 18 60 36 00
8 rue Roudil
34000 Montpellier
yot.nathalie@orange.fr

BOUILLET Alain et l’art brut

BOUILLET Alain

 

invité A l’ombre des Arbres 2018
et Les plaisirs et les jours 2019
conférence « Ce que n’est pas l’Art brut … »

 
 
 
 
 
 
Né à Nanterre (92000) en Mars 1943, Alain Bouillet – désormais professeur honoraire des Universités au Département des Sciences de l’Education (Universités de Paris-X-Nanterre et de Paul Valéry (Montpellier III) – a consacré l’essentiel de ses activités de recherche au « Sensible » et à « L’Education de la sensibilité. » Après avoir rencontré Jean Dubuffet au début des années soixante-dix, il s’est vivement intéressé à ces formes de productions dont  celui-ci pensait qu’elles étaient « la voie d’expression des couches sous-jacentes, des plans de la profondeur », susceptibles de livrer passage aux « manifestations directes et immédiates du feu intérieur de la vie ». Il rejoignit à la fin des années quatre-vingt, l’Association L’Aracine – dont la collection, après donation, constitue désormais le fonds d’Art Brut du LaM : Musée d’Art Moderne, d’Art Contemporain et d’Art Brut de Lille-Métropole – association dont il est actuellement membre du Conseil d’Administration. Privilégiant les rencontres avec les auteurs d’Art Brut, se faisant conférencier, écrivain et même commissaire d’exposition, Alain Bouillet s’est employé depuis 1987 à la défense et à l’illustration de l’Art Brut. À ce titre, il est l’auteur, en France et à l’étranger, de nombreux articles sur l’Art Brut : Monographies d’auteurs, préfaces d’expositions, articles théoriques édités dans divers publications et catalogues. Il est également le directeur du numéro 53-54-55-56, juillet-décembre 2004, de la revue Ligeia, consacré au « Devenir de l’art brut ». Ainsi que des textes du catalogue édité à l’occasion de l’exposition « De l’Humaine Condition…Les rencontres d’un amateur d’Art Brut » à la Maison des Arts de Bages en 2015. Editions Maison des Arts de Bages / Méridianes ; 2015 ; 120 pages et de celui réalisé lors de l’exposition de Ganges, en 2017 : « De l’Humaine Condition…  Errances, escales et récollection. Trajet d’un amateur d’Art Brut » ; Edition L’été du Petit Temple & La Médiathèque Lucie Aubrac – Ville de Ganges – 2017 ;116 p. Parallèlement à ces rencontres – et bien que ne se déclarant pas « collectionneur » mais « amateur » – il a constitué depuis une cinquantaine d’années ce que d’autres persistent néanmoins à nommer une « collection » d’environ 1500 ouvrages d’Art Brut issus des productions de plus de 130 auteur(e)s différents.

Une « collection » qui s’incrémente au hasard de nouvelles rencontres, et engendre désormais de nombreux projets éducatifs

En 2005 à la suite d’une exposition de plusieurs ouvrages d’Art Brut au Château d’Aubais (30250), il prend conscience que cette « collection » personnelle initiée en 1970 – et depuis en voie de constante incrémentation – constitue de fait un « support pédagogique » potentiel pour le travail qu’il souhaite mener relativement à l’Art Brut. Non seulement  dans la continuité de celui mené autour de la recherche de nouveaux auteur(e)s d’Art Brut et de la collecte de leurs ouvrages – travail auquel il s’est consacré depuis les années soixante-dix et qu’il poursuit à l’occasion de nombreuses rencontres – mais également par l’ajout d’une réflexion qui viserait – via de multiples dispositifs d’expositions – à « partager » avec les visiteurs de celles-ci : Des regards, des émotions, des interrogations, des savoirs approximatifs en gésine, etc de telle sorte que ces visiteurs en viennent à se sentir « concernés ». Travail de « sensibilisation », s’il en est, et conception d’un lieu et d’un temps d’exposition qui deviennent pour le visiteur un triple moment de rencontres : Rencontre avec les ouvrages et avec l’histoire des auteur(e)s d’Art Brut ; rencontre avec le curateur de l’exposition ,les désirs et les projets qui l’habitent ; et, essentiellement  c’est la finalité du propos  via la médiation des ouvrages exposés et du discours qui sourd de l’accompagnement qui en est proposé – rencontre(s) avec eux-mêmes.

Cette réflexion s’étayera et s’affirmera, de 2006 à 2013, d’une part lors de divers commissariats d’exposition d’Art Brut en France (à Saint Alban sur Limagnol lieu historique de la Psychothérapie Institutionnelle (François Tosquelles, Jean Oury, Roger Gentis, etc) ; au Château d’Assas, Le Vigan (2009) ; au Château d’Aubais, 2010, en France) ; en Italie, à Cremona (2006)) ; mais également lors d’une série de voyages qui l’ont conduit en Suisse,  en Belgique, en Pologne où, profitant des nombreuses conférences qu’il sera amené à prononcer dans ces pays, il s’efforcera de faire entendre la spécificité de l’Art Brut [1], d’expliquer et de défendre les  raisons et le sens de l’invention de ce terme : des analyses qu’il a  autorisées, des champs de réflexion qu’il a ouverts, des effets qu’il a induits et, par-dessus tout, à renforcer, approfondir et affiner le nécessaire travail de différenciation qu’il exige pour qu’il ne soit plus confondu d’une part avec l’Art des enfants, l’Art Naïf, l’Art Populaire , l’Art Ethnologique, l’Art des fous (André Breton) , l’Art psychopathologique (Volmat) (toutes dénominations ayant précédé avant 1945, l’« invention », sinon la reconnaissance, de l’Art Brut) ; mais différenciation, également, d’avec l’Art « Hors-les- Normes », l’Art Singulier (et les Singuliers de l’Art), l’Art Indifférencié, l’Art des autodidactes,  l’Outsider Art et de ses déclinaisons anglo-saxonnes : Visionary Art, Grass roots Art, Intuit, etc. appellations postérieures à 1945, qui sont peu à peu venues saturer le paysage médiatique et, conséquemment, brouiller l’entendement (quel qu’imprécis et confus qu’il était déjà…) que chacun pouvait avoir de l’Art Brut.

« De l’Humaine Condition… » : Un projet d’exposition qui se double d’un projet de développement de l’ « intelligence de soi-même » : Comprendre et « se comprendre »

De l’ensemble de ces ruminations successives est né un projet : celui de sélectionner certains des ouvrages de cette « collection » personnelle, de les exposer sous le titre générique « De l’Humaine Condition… » et de multiplier autour de ces expositions des évènements éducatifs propres à répandre, développer et faire entendre la spécificité de l’Art Brut.

Que, parcourant ces expositions, le visiteur puisse se dire : « surpris », «étonné », « intéressé », « interloqué », « ébahi » par ces ouvrages réalisés par « des personnes indemnes de culture artistique » comme l’écrivait Jean Dubuffet ;qu’il lui semble y avoir découvert « quelque chose de neuf », qu’il reconnaisse y « avoir appris des choses sur l’Art Brut »  etc. (les livres d’or des expositions précédentes en témoignent à l’envi) serait déjà une réussite en soi, signalant aux institutions qui les accueillirent que de telles manifestations n’ont pas laissé le spectateur indifférent et que, quelque part, avoir choisi ce projet d’exposition était déjà, en soi, judicieux, répondant ainsi à l’existence d’une nécessité culturelle latente.

Mais ce que laissent entrevoir les trois expositions précédentes – à La Maison des Arts de Bages (en 2015), à l’Abbaye cistercienne de Beaulieu en Rouergue (à Ginals en 2016), à la Médiathèque et au Petit Temple de Ganges (en 2017) ainsi que celle de la Galerie Deleuze-Rochetin (en 2017 à Arpaillargues)  – ce qui s’exprime à travers les propos oraux ou scripturaux de celles et ceux qui y sont passées (en y demeurant parfois plusieurs heures, en y conviant des amis pour y faire retour de conserve, en se faisant l’écho de leur intérêt, en participant aux nombreux évènements proposés à cette occasion (conférences, parcours sensibles, visites accompagnées, café-philosophoques ; débats multiples, ateliers d’écriture, etc) c’est qu’ils se sont sentis : « interpellés », « interloqués » au sens propre, « stupéfiés », « troublés » et, par-dessus tout : « concernés ».

« Etre concerné », « se sentir concerné » est un sentiment  qui semble avoir été induit par la scénographie de l’exposition, par l’ensemble des informations mises à la disposition du public (cartels biographiques pour chacun et chacune des auteur(e)s, documents historiques : affiches d’expositions, lettres manuscrites, photographies, etc.), par les compléments apportés lors des visites accompagnées sur les liens qui unissaient les auteur(e)s à leurs ouvrages. Un tel aveu – qui exprime le degré d’implication de certains visiteurs – nous a donc conduit à en faire « l’objectif » focal de ces expositions, objectif à partir duquel s’est peu à peu imaginé, conçu et testé un dispositif associant et combinant de multiples évènements dans le but d’explorer, de développer et de faire prendre conscience d’un moment essentiel de ce que l’on pourrait appeler l’éducation à la sensibilité. [2]

Quels dispositifs pour quels objectifs ?

Quel dispositif inventer, instaurer et mettre en place, pour que cet objectif – « se sentir concerné » – soit atteint et puisse donner lieu à l’exploration, l’approfondissement et la valorisation d’un tel sentiment ? Et comment s’y prendre ? Compulsant cette collection personnelle : Quels auteurs privilégier ? Quels ouvrages choisir et pour quelles raisons ? Comment les proposer au regard d’autrui et selon quelle scénographie les disposer afin que non seulement le visiteur ne soit pas gagné par le sentiment d’être intrusif (rappelons que ces auteurs d’Art Brut n’ont conçu et réalisé ces ouvrages qu’à leur usage propre, hors du désir de les soumettre au regard d’autrui et moins encore d’en faire commerce), mais que plutôt, il se sente saisi, hélé, happé, désiré, requis par ce qui ne lui est pas directement adressé ? [3]

Comment imaginer un dispositif qui facilite en lui l’émergence d’une certaine empathie avec les auteurs, ceux du moins dans lesquels il croit pouvoir se reconnaître parce que leurs ouvrages ou l’histoire de leur vie l’ont touché ? 

Comment le concevoir pour qu’il se sente intrigué, déplacé – voire même : égaré ? – par rapport aux repères qui jusque là étaient les siens ; mis en état d’introspection et de réflexion au sein d’un espace à la fois suffisamment serein et suffisamment provocant pour que puisse se développer un état d’intranquillité suscitant le faseillement des certitudes les mieux arrimées, autorisant la possibilité que s’ouvre un poros, – une brèche -, dans son espace psychique afin de conscientiser un peu plus clairement ses propres constructions identitaires.[4] 

De telle sorte que bientôt, de façon latente ou manifeste, de biais plutôt que de front, finissent par lui apparaître les liens obscurs, les connivences subtiles et ténues, les accointances jusque-là occultées ou ignorées, les correspondances subreptices bien que sans doute, déjà subodorées, soit : toute la trame d’un commerce secret, furtif, clandestin, que depuis longtemps, à son insu, il entretenait, sans les connaître, avec les auteurs d’art brut et dont, à l’occasion de ce parcours, il commence à deviner les arcanes. 

Là est le projet du curateur. Rien moins que de favoriser la révélation de l’existence de liens cachés qui connectent le visiteur aux auteurs, le conviant ainsi à en poursuivre l’exploration, en reconnaître les points d’attache et la tension, et le laisser cheminer à la rencontre de lui-même. Comprendre, qu’il n’y a pas de solution de continuité entre les auteurs d’Art Brut et nous-mêmes. Qu’ils ne sont pas simplement « différents » mais « autres ». Par « normaux » protesterez-vous  éventuellement? [5] Mais, « Vu de près, personne n’est tout à fait normal » écrivait Jean Oury. « Autres », certes, mais d’une altérité qui nous concerne, qui laisse entrevoir quelque chose de la vérité qui nous habite, et dans laquelle – à l’instar des anamorphoses [6] quand le miroir s’y trouve opportunément orienté – nous pourrions « croire » y reconnaître l’une ou l’autre de nos composantes personnelles.[7]

Se faisant passeur, analyste et pédagogue, le curateur, s’improvise architecte du dispositif, scénographe de l’installation, timonier des anamorphoses.

 Les raisons d’un intitulé

Elles sont évidemment multiples. L’une résulte de cette maxime de Baruch Spinoza : « Ne pas rire, ne pas détester, ne pas déplorer. Mais : Comprendre. ». L’autre – dans laquelle s’origine l’intitulé générique de cette l’exposition « De l’humaine condition », est la reprise d’une formule empruntée à Michel de Montaigne, philosophe à la première personne. « C’est moi que je peins » écrit-il dans les Essais. Hors de toute prétention narcissique, il y parle de lui et, de fait, se racontant, parle également de nous – « parce que tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition » – nous invitant ainsi à méditer l’inscription delphique « gnothi seauton» et à travailler, par nous-mêmes, à nous connaître, à nous comprendre, partant, à tenter également de comprendre les raisons qui travaillent les auteurs d’Art Brut et leur font produire ces « ouvrages ».

Sotto voce, les auteur(e)s se racontent à leur manière et nous livrent – à travers les lambeaux d’une histoire de vie ravaudée, les bribes, les fourbis, les fibrilles de leur « remaillage identitaire ».[8] Ainsi – imprégné des multiples rencontres que je fis avec eux depuis les 50 années précédentes ; dépositaire de leurs confidences chuchotées, d’abord défait, puis étayé et rasséréné au contact de la personnalité de chacune et chacun – en organisant ces expositions, je témoigne, à mon tour et à ma façon, de ce que j’y ai trouvé à l’occasion de ces rendez-vous sans savoir que j’allais l’y chercher [9] et comment ce que j’y ai glané a contribué à compléter, en partie, le puzzle de ma propre identité. Question : En quoi, de quoi et comment la connaissance de soi – ce « soi » intime qui nous est étranger et avec lequel nos rapports sont plus qu’improbables : imprédictibles ? – peut-elle se trouver accrue du passage dans une telle exposition ? 

Ce sont ces friches rémanentes et émergentes que se proposent – avec l’accord, le travail et la complicité des visiteurs – de labourer les multiples évènements qui seront mis en œuvre à l’occasion du dispositif qui accompagnera les déclinaisons de cette exposition.

L’objectif défini, le dispositif congruent pensé et inventé, vint ensuite le temps, de le proposer et de prospecter les lieux et collectifs institutionnels (publics ou privés) susceptibles d’abriter temporairement une partie de cette collection et d’accepter que s’y déploie un tel dispositif. d’interventions se déclinant suivant plusieurs évènements (Conférence plénières suivies d’échanges avec le public, café-philosophiques, participation à des « parcours sensibles », à des ateliers d’écriture visant à affiner le regard et la parole [10] précédant ou suivant les visites accompagnées,  séminaires de réflexion, projections de films suivis d’échanges et de débats, etc. permettant que soit approfondi – suivant une ligne spécifique aux interrogations de chaque participant et grâce au travail d’une élaboration collective – ce sentiment d’avoir été « concerné » par cette approche multidimensionnelle de « l’Art Brut ». De telle sorte que chacune et chacun puisse repartir avec un ensemble d’interrogations déjà sillonné, puis ensemencé, de cheminements amorcés.

Soit : un dispositif en évolution et en expansion permanente, qui se teste et ne cesse de  s’enrichir depuis trois expositions :

Une première exposition – De l’humaine condition… Les rencontres d’un amateur d’art brut » dont Alain Bouillet fut le commissaire, qui fut accueillie à la Maison des Arts de Bages  (11100) du 13 Juin au 9 0ctobre 2015. (4500 visiteurs) Elle se déclina ensuite du 10 Juillet au 2 Octobre 2016 (6500 visiteurs) sous le titre De l’Humaine condition…Chemin faisant : Pérégrination, rencontre et songeries d’un amateur d’Art Brut à l’Abbaye de Beaulieu en Rouergue (Ginals). Elle sera à nouveau du 22 Juin au 20 Août 2017 dans les deux espaces de la Médiathèque « Lucie Aubrac » et du Petit Temple dans la ville de Ganges (34000), sous un titre identique « De l’humaine condition… » auxquel, comme dans les versions précédentes, un sous-titre : Errances, escales et récollection. Trajet d’un amateur d’Art Brut  viendra préciser les points nodaux. Et, sans doute, en sera-t-il ainsi dans les expositions ultérieures.

On l’aura compris, cette exposition à géométrie variable se veut mobile, innovante, pérégrinante et souhaite pour cela s’adapter tant à l’espace qu’à l’esprit des lieux qui se proposeront de l’accueillir. Á cet effet le nombre des auteurs exposés, comme celui des pièces présentées sera fondamentalement fluctuant. De plus de 200 pièces issues des productions de 80 auteurs différents présentés lors de l’exposition de Bages en 2015, exposition qui occupait l’entièreté d’un presbytère jusqu’à des expositions quantitativement plus mesurées, pour un temps déterminé, le choix dépendra de la durée de l’exposition, de l’espace qui sera lui attribué et des dispositifs techniques qui seront mis à notre disposition. Toute proposition sera soigneusement étudiée.

Loin de l’esthétique du white cube, la tradition d’exposition des cabinets de curiosités a été jusqu’à  présent privilégiée. Parce qu’elle favorise l’intimité du contact avec les ouvrages  et induit chez le visiteur un sentiment de proximité et de réclusion, respectant en cela les consignes de Dubuffet telles que celui-ci les exprimait à propos du Foyer de l’Art Brut : « j’affectionne les lieux clos, bien délimités, abolissant ce qui les environne, créant un univers tout à portée des yeux et qui se peut commodément inventorier. Je trouve un confort à la claustration » et « aussi voulons nous conserver à notre Foyer de l’Art Brut un caractère un peu privé, un peu secret comme un petit cercle intime d’amis qui comprennent ces choses ». En effet, ces « sécrétions » nécessitent et réclament le « secret » ainsi que Jean Dubuffet le signalait à Gaston Ferdière : « cet art brut s’est voulu secret, gardons le secret ». Accrochage serré donc, ordonnancement non thématique, mais qui n’est pas sans suggérer ni induire répons et contrepoints, au gré des propensions à l’association libre de chacun des visiteurs.

Enfin ce dispositif est également à saisir comme un work in progress travaillant à sa propre amélioration, qui doit avant tout utiliser les compétences germinatives des individus et des groupes

Convaincu du fait qu’il n’y a pas d’accès à l’art – quel qu’il soit – sans médiation, Alain Bouillet a souhaité que ces expositions puissent être escortées d’un « alentour » d’évènements et d’animations (Conférences thématiques, parcours sensibles, visites accompagnées et commentées, diffusion de films sur les auteur(e)s d’art brut, café-philosophique, ateliers d’écriture ; séminaires de réflexion ; etc.) qui soient autant de possibilités de multiplier échanges et débats autour de ces ouvrages, de leurs auteur(e)s, de leurs raisons d’être et de leurs usages, de ce qui s’y exprime, y couve, y transpire, y secrète et, bien entendu, de ce qui s’y ressent.

Les « alentours » éducatifs.

Ces expositions – comme toutes autres  – peuvent être parcourues au gré du désir et de la disponibilité des visiteurs. Des « cartels » les renseigneront sur les indispensables informations relatives à ce que l’on sait et qui peut-être révélé ou réservé (le secret médical ayant longtemps pesé sur certains aspects de la vie de ces personnes) de la biographie des auteur(e)s, informations sans lesquelles certains de ces ouvrages demeureraient incompris (ou mal compris) tant l’Art Brut s’exprime dans des idiomes qui (du moins souvent le pense-t-on) nous demeurent partiellement étrangers. Dans le meilleur des cas, un catalogue spécifique viendra compléter les renseignements indispensables à la compréhension du sens des ouvrages exposés, de ce que l’on croit savoir des intentions des auteur(s)s, ainsi que des visées personnelles du curateur des expositions.

Cependant la thématique impliquée dans le titre de celle-ci – « De l’Humaine Condition… » et les objectifs qui s’y attachent – ont suggéré au curateur la nécessité de devoir proposer un ensemble d’accompagnements éducatifs propres à favoriser l’intelligence du visiteur quant à la réception que chacune et chacun peut avoir des ouvrages d’Art Brut, de la personnalité de ses auteur(e)s ainsi que des émotions et sentiments que la confrontation avec leurs ouvrages et l’histoire de leur vie suscitent en chacun de nous..

Conférences : Ces conférences seront assurées par Alain Bouillet. Elles concernent l’ensemble des aspects de l’Art Brut : Son histoire, depuis qu’au début du XIX siècle, des collections (d’abord hospitalières) se sont constituées, l’histoire de son invention et celle de son inventeur (Jean Dubuffet, 1901 – 1985), sa place dans l’Histoire de l’Art, celle qu’elle occupe parmi d’autres courants et comment l’Art Brut si situe-t-il par rapport à ceux-ci. : art des enfants, arts Populaires, art Naïf, art des fous et art psychopathologique qui l’ont précédés ;. ainsi que de l’art Hors-les-Normes, de l’art Singulier, de  l’Outsider Art, de l’art Indifférencié, de l’Intuit Art, du Grass Roots Arts, des arts Indisciplinés  et autres appellation qui lui ont succédé. Des exemples spécifiques seront choisis pour faire saisir la réalité tangible de ces différences et l’importance qu’il y a de différencier l’Art Brut de ces autres courants.

Ces conférences seront agrémentées de documents originaux, de fac-similés et de photographies commentés par le conférencier. Il est vivement souhaité qu’elles puissent laisser une large place aux questionnements de chacun ainsi qu’à la discussion de groupe qui peuvent se révéler être autant de moments où puisse se faire jour une interprétation déterminante. .

Visites accompagnées : D’une durée qui peut-être variable (de une heure à trois heures), elles seront également assurées par Alain Bouillet – qui, en cinquante années, a rencontré la plupart des auteurs dont les ouvrages seront exposés – et qui, de ce fait, s’efforcera de présenter les liens qui se tissent entre chaque auteur(e) et les ouvrages qu’il ou elle ont réalisés, afin de faire entendre  ce qui à la fois explique l’  « unité » de l’Art Brut et la singularité absolue des positions de chaque auteur(e). Pour que ceci puisse se faire au mieux de la participation et de l’entendement de chacun des participants, il serait, là encore, souhaitable de prévoir des groupes limités au plus à une vingtaine de personnes.

Parcours sensibles : Patricia Vallet, formatrice en Travail Social, Docteur en Sciences de l’Education, proposera aux personnes souhaitant participer aux visites accompagnées de suivre un parcours sensible  » mise en jambe, mise en bouche » (compter une heure en groupe d’une quinzaine de personnes) avant la visite de l’exposition, parcours qui vise à non seulement aiguiser les « cinq sens » (nous savons, par ailleurs, que l’on en compte en fait beaucoup plus que cela) mais encore tout le sensible favorisant ainsi l’accession à un état d’être qui puisse les rendent plus réceptif à l’égard des productions des auteur(e)s d’Art Brut.

Café-philosophique : Animés par un professionnel du genre, les café-philosophiques  permettront  à un large public de débattre à partir des interrogations que suscitent l’Art Brut, dont l’un des intérêts – et non le moindre – est de questionner  le sens même de ce qu’on nomme : l’Art. A titre d’exemple, lors de l’exposition réalisée à Bages, en 2015, le thème du Cafè-Philosophique fut : « L’Art Brut est-il de l’Art ? »

Ateliers d’écriture : Egalement conduits par un(e) professionnel(e) de l’animation, ces ateliers d’écriture visent avant tout à travailler « l’exercice du regard » de celles et ceux qui souhaiteraient y participer dans le sens d’une attention accrue à ce qui, à la fois, tend à confondre ces ouvrages dans le monde des productions artistiques désormais « reconnues » et, dans le même mouvement, à distinguer foncièrement  l’Art Brut de celles auxquelles il est le plus souvent assimilé. Soit, travailler à en reconnaître la spécificité fondamentale.

Séminaires de réflexion : Des Séminaires de réflexion peuvent être envisagés et conçus pour permettre aux personnes qui le souhaiteraient d’approfondir, en groupe, certains sujets ou certaines thématiques qui les auraient retenus à l’occasion des visites de l’exposition  ou lors de l’assistance soit aux conférences, soit aux visites accompagnées. Pourraient s’y trouvées abordées, explorées et partagées en commun des questions relatives aux sentiments et émotions éprouvés par chacune et chacun d’entre-nous.

Diffusions de films : Des films ont été réalisés avec certains auteurs d’Art Brut (malheureusement tous n’en n’ont pas eu la possibilité de leur vivant). La diffusion de ceux-ci pourrait là encore permettre d’accéder à la réalité relatée des processus de production des auteur(e)s ainsi qu’à leur parole propre et susciter un échange fructueux entre les spectateurs de ces supports audio-visuels

Formations spécifiques : Je pense qu’il est préférable que les visites concernant certains publics spécifiques (par exemple, les publics scolarisés) soient effectuées par des personnes  (je pense aux enseignants ou aux éducateurs) habitués à travailler avec ceux-ci et qui, en outre, en ont la responsabilité. Des personnes qui, cependant, n’ont pas forcément de connaissances spécifiques dans le domaine de l’Art et, moins encore dans celui de l’Art Brut. C’est pourquoi je leur proposerais, s’ils le souhaitent, une formation  spécifique, adaptée à leurs besoins relativement à l’Art Brut en général, ainsi qu’aux questions que son abord pourrait soulever chez eux-mêmes comme chez les publics auxquels ils auraient à s’adresser..

Le nombre et la fréquence de ces différentes  animations et interventions fera l’objet d’une discussion et d’un accord entre le Commissaire de l’Exposition et les responsables des institutions qui décideront d’emprunter tout ou partie de celle-ci.

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[1] le terme d’Art Brut,  inventé par Dubuffet n’a, par exemple, pas d’équivalent en polonais où les ouvrages de ce type sont regroupés avec ceux de l’Art Populaire et de l’Art Naïf, abrités, conservés et exposés dans l’enceinte des Musées Ethnographiques et regroupés sous le terme générique d’« art non professionnel».

[2] Bouillet Alain :  À la recherche d’une éducation esthésique : rudiments, affinités, enjeux ; (Sous la direction d’Alain Bouillet) ; Revue du CERFEE n° 17 ; Université Paul Valéry – Montpellier III ; 2001 ; 264 p.

[3]  En effet, le fait que les visiteurs qui franchissent le seuil de ce lieu d’exposition puissent avoir accès à ces ouvrages d’Art Brut, tient à ce qu’Alain Bouillet, curateur de celle-ci, en ait pris la responsabilité, car les auteurs d’Art Brut ne destinent leurs productions à personne, ne souhaitant même pas qu’elles soient vues, l’exposition de celles-ci est entièrement adressées aux « regardants ». Avec, néanmoins, cette condition éthique que l’auteur lui en ait explicitement donné l’autorisation. Dans les cas contraire, ces pièces ne seraient évidemment pas exposées.

[4]  Cf. Conversation avec Patricia Vallet.

[5] Ainsi que le fit une visiteuse à l’occasion d’une « Visite accompagnée » en 2015

[6]  Cf. Jurgen Baltrusaïtis, Anamorphosis

[7]  Ce sont ces altérités personnelles insues que pointe A.Rimbaud en énonçant que « Je est un autre ».

[8]  La formule est de Patricia Vallet

[9]  Soulages Pierre : « C’est ce que je fais qui me permet de savoir ce que je cherche »

[10] « Une parole bien chargée d’un regard » insistait Evgen Bavcar, photographe non voyant, qui aimait visiter les musées de peinture en compagnie d’une personne susceptible de les lui « décrire » sous cette condition.

Contact :

Alain Bouillet
Tél : 04.66.77.84.23.
E-mail : boilletalain@orange.fr